Mon Expérience Grande Traversée Volcanic

Vous voulez progresser sur un ultra où le balisage sera remplacé par un suivi d’itinéraire, voici quelques pistes à ne pas négliger. J’ai testé tout ce qui ne faut pas faire en mode orientation, et cela met vraiment dans l’embarras (oui, restons poli, bon dans la m—, quoi!).

 VVX de Volvic, je m’y suis inscrit un peu par hasard, cherchant une longue distance. 20 places en solo, un itinéraire non balisé par l’organisation avec un suivi global de sentiers de Grande Randonnée. Dès mon inscription, je m’y prépare mentalement, émotionnellement, je regarde les cartes, je vérifie les barrières horaires. Ce sera différent des fois précédentes, ici, le rapport distance / dénivelée positive ne m’est pas favorable. J’ai plus une logique de progression montagnarde. Il va falloir vraiment courir. Je pars sur une progression de 50h00, 30mn de sieste sur deux partiels, 1h30 d’arrêt par base vie et 4h00 de sommeil à répartir.

  En ce qui concerne mes entraînements je marche quasiment tous les jours et ces derniers temps en mode marche nordique avec un sac à dos entre 6 et 10kg. Je me sens prêt, j’apprends à utiliser mon «dans 200m tournez à droite», comme j’appelle mon appareil dit GPS mais qui pourrait être aussi sous facture russe, en attendant notre prochain «Galiléo». La dernière semaine, j’ai effectué normalement ma séance de vitesse d’une heure au stade le mardi midi, avec le club et un entraîneur attitré. J’ai aussi effectué mes 2h00 environ en courant le jeudi matin. Je finis ces entraînements par quelques tours de stade pieds nus. Ce dernier mois j’ai participé à un trail en tant que compétiteur, pour 3h00, un autre en tant que serre-file pour 6h00 et une course d’orientation pour 2h00 de déplacement. Je ne fume pas, bois de l’alcool lors d’occasions. Mon seul refus alimentaire vient d’une intolérance au gluten. Depuis plus de 15 ans je ne mange pas le matin ni le mercredi midi.

  Je pars de Digne lundi matin et vais dormir vers Roannes, chez ma filleule. Mardi, j’arrive à l’accueil à Volvic. Etant le premier sur place, j’ai donc une première place, c’est fait, donc plus à faire, à chacun ses ambitions… Super les 4 sacs de bases vies, ma collection s’agrandit. J’ai donc assez d’avance pour préparer, affiner mes affaires, mettre en place mes sacs, Et déjà me mettre «a la bourre»…

  Mercredi matin, levé 5h00 pour un peu manger, se centrer sur ce qui va arriver. 6H30, Je suis le bus avec mon fourgon pour le laisser dans un parking officiel. Pendant le trajet en bus, je me fais un exercice de 3 minutes de «cohérence cardiaque» et un exercice respiratoire/apnée «Wim Hoff». Ici sera ma longue course de vérité. Première ambrouille, je m’étais préparé un sac de victuaille pour le départ avec mes chaussettes et des pansements pour mettre sur un doigt de pied sensible que j’avais prévu de faire dans le bus… Oublié ce sac, heureusement, ma paire de chaussette de rechange prévue dans mon sac à dos va donc me servir tout de suite… Au départ, mon deuxième petit déjeuné sera composé de deux pommes et un peu de fromage. 10h00, le départ est donné. Très vite, tout de suite même, je ferme la marche. Hors GR je teste mon GPS, cela fonctionne. Puy Griou sympa, suivi par le Puy Mary. Au sommet, comme aussi un peu avant, un groupe me questionne, je leur dit que je vais à Volvic…. Il y aura un temps d’arrêt pour réaliser, puis un peu de stupeur, quelques rires…

  Avant dernière bosse avant la base vie, un chevreuil apparaît, je m’arrête, il m’imite, on se regarde, tout est figé. Je bouge, il disparaît. Dernière bosse, je passe près de chevaux, en caresse un, sous son regard neutre… J’arrive à la BV1, au col de Serre. Le mauvais temps ne m’a pas incité à faire ma sieste. Repas efficace et j’arrive à boire 1 litre d’eau pétillante, ce sera un régal et une règle à chaque base vie, youpi… Je change de T-shirt, de chaussettes que j’asperge de crème. Je reprends 0,5l d’eau de mer (eau de Quinton et ceci à toutes les BVs), je remplis le reste des gourdes en eau, une contenant au départ du jus de Betterave lacto-fermentée et l’autre du jus de citron avec quelques gouttes d’huille essentielle d’ail (une des pistes contre la maladie de lyme). Je n’y reste qu’une heure.  Et je repars donc avec un positif sur mon prévisionnel de 1h30. 

  BV1 – BV2, partiel globalement descendant, mais les légères remontées lors des descentes n’aident pas à la régularité dans ma vitesse de progression. Surtout quand elles ne sont pas «prévues» par mes profils longuement étudiés au chaud. Je «mange» mon avance et rattrape mon prévisionnel. Pour perdre un minimum de temps sur la lecture de carte, à  partir de Lugarde, je me décide de ne progresser que sur lecture du GPS, qui, lui, ne contient que la trace sans fond de carte…. Cela va m’être fatal….  Je vais m’offrir LA boulette de ma course. J’ai pourtant bien vu après «le Pont», que je quittais le balisage GR, je me suis même dit «surprenant», cela aurait dû me mettre la puce à l’oreille et cette trace GPS ne contenait pas les derniers 100m pour se déporter, pour m’amener sur cette BV. …. De plus, j’ai confondu les deux définitions des BV2 et BV3. Je me rappelais bien que c’était une histoire d’O’ (O pour orientation, pour eau du lac, pour eau de la piscine…). J’appelle l’organisation pour comprendre mon erreur. 1h30 de fatigue pour rien, pour ne pas avoir recoupé les deux informations en ma possession. Quel con… Une femme vient à ma rencontre pour effectuer les 200 derniers mètres, il est 1h30. Ah, Condat, Condat… et ce n’est pas fini…  Bon, retour aux bonnes manières, avec une bonne ambiance, un bon repas et dodo pour un départ à 4h00, pas plus tard, je dois tenir le contrat de minimum 90km par 24h00 de progression, et ne pas épuiser si vite ma réserve de temps de sécurité, en cas de coup dur. «Le sourire, toujours le sourire», anti-stress par excellence. 

  En sortant de la BV je me prends les pieds dans un blaireau, oui, oui, une boule de poil en noir et blanc, un vrai de vrai, temporairement mon copain. Je suis vite reparti et ai eu trop chaud. Je décide d’enlever un pull, enlève mon sac et entend un «toc»… Pas un trouble obsessionnel compulsif, je leur ai fait le coup alors que j’étais déjà dans le bus, je suis redescendu pour aller vérifier que mon fourgon était effectivement bien fermé. Si je donnais l’exemple d’un homme parfait, cela se complique sérieusement. Non un vrai bruit, celui de mon «dans 200m, tournez à gauche». Moitié de l’écran indisponible, il déclare forfait. Pour une première, elle n’aura pas duré longtemps. Damned, plus droit à l’erreur!!!, L’avenir va m’offrir le contraire, et avec de très belles sorties d’itinéraires… Tous mes conseils en tant que brevet d’état de course d’orientation vont se transformer en autant de fautes…

  Sur ce trajet, je vais rencontrer un lièvre qui lui, va presque me rentrer dedans, repartir, revenir, disparaître, j’ai la côte avec les animaux… un peu plus loin un renard fait son apparition sans vraiment s’approcher. Le tour du lac Pavin et la montée au Puy de Montchal devienne mon premier spot touristique. «Bonjour, pardon, merci», vont être les trois mots clés permettant en retour le passage, sourires en prime.

  La respiration commande. De «Wim Hoff», l’homme de glace, je m’inspire. Premier pas, j’inspire, deux et trois, j’expire, et je recommence. Si je n’y arrive plus, je ralentis, sinon ma dette en oxygène va venir me rappeler à l’ordre 1/2-3, 1/2-3…  Quand j’ai une baisse émotionnelle, j’utilise mon SOS, «—», (je garde ici l’intimité de la personne que j’appelle), je cherche son sourire et ses deux index levés me rappelant à l’ordre, «Alainnnnnn, Alainnnnnn, fais baisser l’importance, met-toi en observateur…». 

  BV3, à Super Besse, tout bon… La routine, une superbe routine, je me fait masser les cuisses…. J’en profite pour me changer intégralement, chaussures comprises qui ont une pointure de plus.

  Au sommet du Sancy, j’y suis par beau temps. Je parle un peu avec une femme portant un vrai sac à dos, tapis de sol inclus. Toute notion de drague déplacée, trop jeune, trop belle. Et j’ai une autre excuse foireuse, pas le temps. Etre dernier, oui, mais finir dans les temps, c’est mieux. La progression se fait, avec un peu de nuages bas, la nuit arrive, tout va relativement bien et… «Le Queureuilh»… à la traversée du village tout me semble concorder, je trouve le pont, descend, vers le cours d’eau et… ce  n’est pas bon, où est l’erreur? Je prends la décision d’appeler l’organisation pour qu’elle puisse me repositionner grâce à ma balise. Après bien des déboires, je trouve, Et oui, deux ponts à environ 100m d’écart, de nuit, bon pas d’excuses…. Et encore, m—, avec ces manipulations téléphoniques, j’avais laissé ma ventrale ouverte…. J’ai perdu une de mes fioles contenant du sirop d’agave, mes granules homéopathiques et en plus, une de mes dragonnes. C’est stupide de vouloir avoir raison sans comprendre. Demi-tour, mais je rencontre mon coéquipier de tout à l’heure, je décide de rester avec lui, cela va me calmer, ce sera une des lumières parmi toutes ces pénombres. Déjà, plus haut, avec lui, je n’ai pas eu à orienter pour visiter les cascades. Il va s’arrêter dormir vers Lusclade. Je vais passer de nuit dans le brouillard le Puy Gros avec de la bouillasse et quelques glissades. Les vues sur Mont Dore semblent surréalistes….

 On nous a mis des petits noms. Pour un des duos, ce fut tic et tac. Pour moi, ce fut «ail» car à chaque BV je sortais mes petits compléments alimentaires dont une gousse d’ail. Cela a du se transformer en ail-ail-ail, ouille-ouille-ouille… Bon, malgré cette deuxième boulette, la nuit se passe quand même assez bien, juste quelques problèmes pour passer les escaliers sur clôtures dont, certains, en aluminium, offraient aucune résistance à la glissade…

  Tien, je rencontre un gars équipé d’une manière étrangement connus, un baliseur de la fédération française de randonnée, de ceux qui entretiennent les sentiers GR et GRP, comme moi, sur Digne. Sympa, on parle un peu. Un baliseur bénévole pour 25km et 2,5km par jour de travail. Pour nos 220km cela représente un travail de 100 jours effectué par 5 personnes par an. Nous ne sommes pas prioritaires sur les routes et ici non plus laissons la priorité aux randonneurs pour qui ces sentiers existent.

  Quelle que soit la compétition que je cours, il y a des gens pour me dire «bon courage»… Cela me surprend toujours autant, alors, je réponds que je l’ai voulu et qu’en plus, j’ai payé pour cela… Là où je n’ai rien dit, car trop de monde, ce fut sur la boucle du Puy de Vichatel, avant d’arriver à la BV4, la maison du Parc des Volcans, où j’ai croisé les coureurs des autres courses. Pour eux donc le courage devait certainement démarrer à la distance supérieure à la leur. Car, si eux sont dans le plaisir de ce qu’ils font, pourquoi pas moi? En plus, nous, sur ces distances on a nos bases vies, et ici, on s’y installe, il y a dialogue… il y a une certaine vie par procuration…. On nous chouchoutte… Et c’est le dernier.  Mais pour moi, ce n’est pas fini, peu de temps après mon départ… ma boussole!!!!, je l’ai oublié certainement à la base vie…. Je savais que cette course serait différente, je ne suis pas déçu, pas surpris. Mais ici, je craque, j’en ai marre. Puis son visage arrive, dans ma tête, son sourire éternel, mon ancrage. Aller, dodo. Je sors mon minuteur, le règle sur 20mn, met en place mon panneau représentant un smiley souriant les yeux fermés avec ses Zzzz, sa phrase «Dodo, l’enfant dort», sur un fond de planètes. Je me réveille et lit une autre des phrases de mon écriteau «J’écoute de bruissement des étoiles du matin», et j’écoute donc ce que me dit mon cœur. Et oui, je peux repartir, tout est bon. J’en profite pour m’apercevoir que j’ai aussi perdu ma deuxième dragonne. Cela fera des bâtons en pleine mains… Plus loin, je rencontre des gars de l’organisation, oui, je continue, tout va bien (très vite dit, il faut me croire). Je monte donc bon «trail» au Puy de Dôme. Vais-je pouvoir rattraper le binôme me précédant, m’ayant doublé sans me voir pendant ma petite sieste?…. Que de monde, mon deuxième spot touristique. Sûr qu’en haut, la vue doit être très belle… Je cache mon dossard comme prévu, je suis des fanions VVX qui m’amène au plus haut, au dessus du décollage des parapentes.  Une nuée de moucherons me font une «standing ovation» et en profitent pour me nettoyer le visage, la redescente ne m’est pas visible. Après renseignements multiples quelqu’un me donne la bonne réponse.

   J’arrive à la jonction où je peux ressortir mon dossard. Et là, je vais complètement déconnecter, ma troisième grosse boulette. La connexion carte terrain ne fait pas dans ma tête. Je commence à tourner en rond, les personnes rencontrées ne m’offrent pas de réponses. J’appelle l’organisation plusieurs fois… Le temps passe et, si je trouve, il va falloir fortement accélérer. Je vois bien ce grand Suchet qu’il faut contourner mais où est cette fichue bonne intersection? Un couple me donne une réponse, j’y vais, le panneau Vulcania à la jonction me fait revenir sur mes pas. Je retourne voir mon couple qui m’explique qu’il doit y avoir une notion de boucle… Donc descendre, à droite puis encore à droite… J’accélère, et, oui, enfin, tout concorde, c’est reparti… Quel nul…. On se calme, on se calme, «Alainnnnn, Alainnnnn…..», on respire, 1/2-3, 1/2-3…

  Ahhhh!!! P—, encore un trait sur la carte, deux possibilités logiques sur le terrain, chercher la X ou le = de confirmation, encore un peu de retard… Je monte, je monte et arrive «a ben ça alors…» au sommet de Puy Chopine, un peu de dénivelée en plus, c’est bon pour la forme. Il y a ici quelques marques vieilles (?) d’un GR. Il fait jour, facile, je me repositionne et descend sur l’antécime, au Puy des Gouttes. Je commence à bien maîtriser les subtilités du oui-non-on tente et c’est reparti. Très bonne option, les panneaux rassurent. Ne pas les appeler, ne plus les appeler…. Les laisser tranquille . Eux de toute façon savent où je me trouve, je n’ai ni cassé, ni perdu ma balise. Tant pis pour un probable retard, la cerise sur le gâteau ne sera peut-être pas pour aujourd’hui, mais continuons de déguster au mieux toutes ces parts avec toutes ses variantes de goûts… Respiration, 1/2-3, 1/2-3, encore et toujours et cette phrase, sur toute mes cartes, «ces moments vrais,…., on garde sous les paupières». Même si l’origine de cette phrase restera l’épilogue d’une année incroyablement surprenante, d’une richesse absolue. Une larme? OK, pour la route… Retour au temps présent.

  Un panneau m’indique «Volvic = 11km». Mes documents m’ «offrent» encore 17km… Je me laisse embarquer par l’annonce du panneau, cela me fait accélérer, c’est toujours cela de pris. Sur la fin, étant quand même étrangement limite, je trouve la présence d’esprit pour débaliser un fanion et une pancarte venant des autres courses Un reste de mes périodes en tant que serre-file sur certains trails. Et ces fleurs, plein d’orchidées, de toutes les couleurs, qui m’ont accompagné sur tout le parcours, un régal pour les yeux.

  Plusieurs fois, le médecin va m’attendre à des croisements avec une route. J’aurais de l’eau, du réconfort, de la motivation supplémentaire. Je lui confirme que quoi qu’il en soit, je vais finir, peu importe le temps, je suis prêt à rendre mon dossard. Au col de la Nugère, il fait de nouveau nuit, je repars, cherche, tombe sur deux «tourne à droite» en l’espace de 20m, alors je décide de retourner le voir, il n’est pas encore parti, et plutôt que de chercher, perdre du temps, je vais lui demander de me mettre sur la voie. Personne sur la route, je décide de traverser, ne réalise pas la différence d’écart entre le sentier et la route, et m’offre une belle gamelle, sur du goudron, cela manquait à mon palmarès. Ok, il me positionne, il me reste 1h20 pour effetuer les 7,5km restants, de nuit, en démarrant par une montée d’environ 100m+. Avec tout ce qu’il ont fait pour moi, c’est sûr, ils vont venir me chercher, 1/2-3, 1/2-3, 1/2-3, «mon monde prend soin de moi». Plus que 5km, oui, gagné, une frontale m’arrive dessus, je vais être accompagné jusqu’à l’arrivée. Ne penser qu’à mes positionnements, courir courir, accélérer, le temps est correct, c’est tout bon, courir, courir. Un enfant vient à notre rencontre, les bruits de l’arrivée deviennent paroles audibles… 23h50, c’est réussi.

  Et voici comment un verre à moitié vide se retrouve à déborder dans un superbe trop plein. Merci, quelle leçon… J’ai même réussi à placer une de mes blagues foireuses dont j’ai le secret de type «C’est bien, maintenant que je suis chaud, on va pouvoir passer aux choses sérieuses»… J’ai ici largement «rentabilisé» mon temps d’expression, mais pour l’optimisation, c’est à revoir, il y a des progrès à faire.

  Je finis en plus ici ma vie active, j’ai eu 62 ans le 09 mai, il faut attendre le premier du mois suivant pour être légitimé en tant que retraité, et c’est donc maintenant….

  Nous sommes deux du club de Digne à avoir participé. A Ludovic la première place, à moi la dernière.

  Je n’ai pas été aidé par une assistance extérieure, j’ai été aidé par toutes les assistances propres à ce genre de manifestation. Je ne sais pas qui a le plus gagné… non pas en technicité, mais en valeur, en chaleur humaine… Mais qu’on ne me fasse pas dire non plus ce que je n’ai pas dit. Sur la SwissPeak 360, j’étais «aidé» par mon frère. Mon émotionnel n’étant pas au beau fixe, il s’était occupé de beaucoup de choses  et m’a permis de finir.  Sur le «Tor des Géants», j’étais de l’autre côté, aidant mon «ex…». Mes contacts avec les bénévoles des BVs furent parfait. Dans les derniers, les places étaient pour nous. J’ai pu manger, boire, prendre des douches, parler, encore parler, dans l’attente de son arrivée… Pour la dernière ligne droite j’avais réussi à ce qu’un organisateur rapatrie mon fourgon à l’arrivée, et me voilà parti avec elle et les serres-files qu’on va laisser au premier refuge. Il est minuit quand le col s’est profilé sous environ 0°C. Des frontales nous attendaient. Puis des voix «maman, maman…». Ses deux filles (mes ex deux belles-filles) ayant vu que leur maman pouvait arriver étaient venues à sa rencontre, une de France, l’autre d’Autriche… En short, en t-shirt…Un sublime instant, un des plus beau pour moi. Son arrivée fut du même registre qu’ici. A chacun son chemin.

  L’organisation va chercher mon fourgon pour me le ramener. Je me couche et m’endors avec en toile de fond la musique qui vient du concert, permettant un rappel sur ces quelques jours.

  Samedi, je discute avec des gens dont un accompagnateur en montagne faisant partie de l’association «Handicap Evasion», près de Digne, où j’habite. J’en ai fait partie durant 3 ans, et j’avais conduit une joelette, vélo adapté pour les personnes ne pouvant plus marcher. J’avais même assisté à un repas en aveugle. Surprenante expérience…  Cela relativise nos propres défaillances.

  Quelle rigolade, j’avais prévu d’aller m’inscrire à un cours de remise à niveau en orientation, et «on» m’a déjà trouvé quelqu’un, mon frère… cela va être ma fête… 

  Et un nouveau dossard que je vais pouvoir coller dans mon fourgon…..

  Ahhhh, la routine qui revient, avec un problème au péage de Riom et quelques bouchons. Je décide de rentrer avec un maximum d’autoroute, faut pas dé—-… la lecture d’itinéraire avec fatigue sera plus simple, croyez-en mon expérience.

Alain  –  dossard 5010

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